Une semaine sur la Baïse
en Pénichette® 1120R

JF Macaigne

 
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Vers dix heures, nous sommes enfin prêts…et reposés. Nous franchissons le fameux pont, au milieu des joggeurs, des cyclistes, et des nombreux chiens qui promènent leurs maîtres sur les trottoirs de pierre de l’édifice. Les quatre écluses se succèdent, sous les yeux d’un autour qui plane au-dessus de nous. Un bon présage, paraît-il.
Après le troisième bassin, une dernière écluse, un pont (on passe dessous), et hardi petit mousse, nous voici à pied d’œuvre ! Celui qu’on nomme aujourd’hui « Canal de Garonne » déroule ses grandes lignes droites paisibles sur 195km, de Toulouse à Castets en Dorthe. Il fait suite (ou précède, au choix) le Canal du midi, que nous connaissons bien. La Garonne n’est pas loin, mais elle est trop imprévisible. On l’aperçoit, de temps à autre, qui nous frôle, mais pas pour longtemps : un peu avant Sérignac, elle s’écarte de nous et nous snobe. Puisqu’elle ne nous voit plus, nous en profitons. Nous déjeunons autour (encore ! décidemment…) d’une table de bois installée sur les berges à l’entrée de Sérignac.

Le paysage se déroule lentement le long des berges. Les champs de colza plongent dans les bosquets verts, et dans les champs de pruniers, des milliers de petits soleils blancs semblent pris au piège dans des filets à papillons géants. Le Chic (c'est un village), c’est chic ! Il y a même un petit pont-canal qui enjambe l’Auvignon, juste avant l’écluse. Quelques kilomètres plus loin, c’est un autre pont-canal qui nous permet de jeter un coup d’œil sur la Baïse, qui paresse en dessous de nous.
Les fermes ventrues aux grosses tours carrées se succèdent, et nous atteignons bientôt Buzet, où l’on fabrique le célèbre vin rouge, copain du confit et du cassoulet.
C’est un petit village écrasé par le soleil, qui somnole sous les roucoulades des pigeons et quelques cris d’enfants. Nous y effectuons les dernières courses de pré week-end (le boucher a une viande qui vaut le voyage…), avant de reprendre le bateau et de franchir le passage sous les yeux de Sophie, la belle éclusière, qui nous donne les clés de la Baïse, ou plutôt de ses écluses, sous la forme d’une carte magnétique attachée à une plaque de liège. Si par hasard elle tombait à l’eau…
Dans les arbres, les geais nous accompagnent, curieux de notre intrusion. Au milieu de toute cette végétation, Clairac (le nom de notre Pénichette) prend des airs d’African Queen, et à la barre, je rêve à Katherine Hepburn. Il est bientôt sept heures et demi, et nous sortons les piquets. Quelques bons coups de maillet, et nous voici fin prêts. Nous passerons la nuit au cœur de la Baïse, au pied du château de Trenqueléon. Joli nom.

 

 
   
Texte & photos :JF Macaigne - B. Rougié