Une semaine sur la Baïse
en Pénichette® 1120R

JF Macaigne

 
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Cette première nuit de Baïse s’achève au petit matin sur une mauvaise surprise : il pleut. Pas beaucoup, mais suffisamment pour nous flanquer le moral à plat. Un jour de Pâques, en plus ! Nous finissons nos ablutions lorsque les cloches passent, ou du moins nous pensons les apercevoir, et avec elles, le soleil revient. C’est le miracle pascal. Plus tard, un autochtone nous expliquera que dans la région, il ne pleut jamais longtemps.

Vers onze heures, nous sommes en vue du moulin de Vianne, superbe bâtisse en ruine qui domine la rivière.
De l’écluse, la vue est superbe ; Un vieux moulin, les remparts, et un petit barrage qui transforme un miroir en remous bouillonnants. Nous accostons au pied des murs de cette ancienne bastide du XIIème siècle bâtie sur le plan des anciens castrum romains. Ceux qui connaissent Aigues-Mortes reconnaîtront. Vianne est passionnante, c’est le moins que l’on puisse dire. Surtout, ne manquez pas cette petite église charmante, dont les piliers sont encore ornés des sculptures du moyen âge, qui gardent toujours trace des peintures polychromes originales.
Juste en face, Monsieur Viger a ouvert son restaurant(3), qui s’enorgueillit d’avoir été le premier à proposer, il y a dix-sept ans, du caviar d’esturgeon d’Aquitaine. Un caviar qui occupe le second rang mondial en termes de qualité derrière un béluga sauvage iranien. Comme nous sommes à Pâques, nous nous intéressons beaucoup aux œufs, bien sûr.

Les murailles courent autour de la ville, gardées de tours carrées qui font penser à Petibonum (demandez à celui de la famille qui lit Astérix, il vous expliquera). Au centre, de jolies maisons aux volets peints encadrent une place très méridionale, ornée d’une vieille fontaine de pierre. L’ensemble est inattendu, et charmant.
Nos estomacs se rappellent à notre bon souvenir, et le four du bateau laisse bientôt échapper un fumet appétissant. C’est un carré d’agneau aux herbes (Pâques oblige). C’est l’avantage de la Pénichette. On peut y faire la cuisine quasiment comme chez soi. Nous entamons notre revue de la production locale par un Buzet. Il y aura par la suite Cahors, Madiran, Gaillac, côtes du Marmandais, côtes de Saint-Mont, côtes de Duras, Teriquet (dans le désordre)…inégaux, mais excellents. L’un des avantages flagrants du tourisme fluvial est la connaissance des terroirs locaux. Sans risques pour les autres, ni pour son permis. Il y a aussi les surprises (les bonnes), tels ces œufs en chocolat gentiment cachés par Sabine dans la cuisine et le carré.

(3) Huîtres et Délices - 1, rue de la Résistance – 47230 Vianne.
 
   
Texte & photos :JF Macaigne