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« Ah !
mais bien sûr qu’il n’y a pas que
le rugby, au pays ! » aurait dit Maïté, « Il
y a aussi la Baïse ! ». Il est essentiel de bien
orthographier le nom de cette petite rivière, écrin de
tant de trésors, car autrement, c’est vrai que l’on
aurait tendance à comprendre autre chose. Dans les lignes qui
suivent, si jamais coquille vous trouvez, rectifiez de vous même,
et n’accablez pas, de grâce, le rédacteur.
Nous sommes partis de très bon matin, direction Agen, par le TGV aquitaine,
profitant d’un forfait « les premières au prix des secondes ».
Le nouvel agencement des wagons m’a un peu surpris de prime abord – une
sorte de réminiscence des compartiments. Moi, j’avais l’impression
de voyager dans le couloir, mais il est tout à fait exact qu’une
fois habitué au maniement du fauteuil électrique (le précédent
occupant a dû voyagé couché, ma parole), c’est très
confortable. Il est six heures, le train part, glissant silencieux au milieu
des lumières de la ville qui s’éveille. Dans une sorte de
semi brume, les premières lueurs de l’aube rosissent le ciel. Nous
laissons sur place des gares vides et endormies, lumières allumées,
qui se fondent dans le passé. Dans le ciel qui s’éclaircit,
de longues traînées d’avions couleur saumon me font penser à l’un
des pyjamas qu’affectionnait mon père quand j’étais
gamin.
Le soleil se lève sur Poitiers et le Futuroscope. De grands filaments
gazeux s’effilochent au-dessus des prés. Je ferme un œil… et
le rouvre dans le brouillard. Nous passons la Garonne, et la météo,
pourtant si optimiste, apparaît trompeuse. Tout est grisou, chou,
hibou, cailloux… Nous sommes arrivés !
A la base Locaboat d’Agen, les yeux noisette et le sourire de Sabine achèvent
de me sortir de la semi torpeur qui m’a envahi. Nous passons tout en revue
avec elle : bateau, itinéraire, imprévus, conseils… Après
une visite de la capitale mondiale du pruneau, un confit de canard à l’heure
du déjeuner en vieille ville (1),
et les courses obligatoires (l’avitaillement), nous sommes fin près.
Le soleil aussi, qui a eu ce matin une panne d’oreiller, il faut croire,
mais qui depuis midi, se rattrape. Le ciel est d’un bleu lavande, et les
Pénichettes blanches éclatent de santé dans le petit port,
le long du canal latéral à la Garonne. Tout ce bonheur nous étourdit,
et nous larguons les amarres vers le célèbre Pont-canal d’Agen,
quelques centaines de mètres plus loin. Long de 580m, il fut construit
entre 1839 et 1843 par Jean-Baptiste de Baudre, et se termine par quatre écluses
séparées par de grands bassins rectangulaires.
Faux départ : le pont-canal ferme en ce moment (2) à 17
heures, pas une minute de plus ! Nous faisons demi-tour, et après
un tour en ville (la vieille ville et la cathédrale valent le
détour !),
dormons sagement à la base, pour démarrer tôt le
lendemain.
(1) L’Equateur :
38 r Emile Sentini 47000 AGEN
(2) 9 :30 – 12 :30
/ 13 :30 – 17 :00 jusqu’au 30 avril (18 :00
après, mais vérifiez avec Sabine à la base)
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